mardi 26 janvier 2016

Le grand concert des nations montréalais!

Chaque jour, dans cette métropole qui en a un peu perdu le lustre et surtout le titre, il nous est donné d'être confrontés à des situations qui nous mettent en présence de gens issus de dizaines de pays et provenant des cinq continents. Chaque jour, chaque semaine, chaque mois, la question de la cosmopolité de Montréal fait l'objet de discussions, d'échanges, de débats, pas toujours en faveur de ceux et celles qui en forment le tissu fondamental. 

Mais une chose demeure : Montréal ne serait pas cette ville aussi joyeuse, colorée, accueillante, amusante, aussi culturellement stimulante et intéressante, si toutes ces cultures venues d'ailleurs ne s'y entrechoquaient pas pour y créer cette merveilleuse toile tissée de tellement de fils gavés d'histoire, de luttes, de volonté, de traditions et de folklore différents.

Les transports en commun, en particulier, sont des lieux qui obligent souvent à la promiscuité des populations de toutes origines. Selon le jour, l'heure ou le secteur de la ville où on se trouve, selon le circuit d'autobus ou la ligne de métro, il est permis de voir et d'entendre le grand concert des nations. Lorsqu'on ferme les yeux et qu'on prête l'oreille, cela peut devenir tout aussi amusant qu'agressant selon les cas, tout aussi séduisant que dérangeant dans d'autres.

Il y a quelques années, je voyageais quotidiennement dans un autobus d'un circuit qui traverse le nord de la ville d'est en ouest sur un très long parcours. On y retrouvait donc, aux heures de pointe du matin et du soir, un mélange hétéroclite de diverses catégories de voyageurs qui pouvait varier d'un jour à l'autre, mais qui était tout le temps représentatif de cette grande diversité culturelle de Montréal.

Cela m'a inspiré, au retour du boulot un soir, ce texte qui démontre bien l'effet que ce bouillon de cultures pouvait ben avoir sur moi. Je vous le partage.

Le Kaléidoscope, Terre des Hommes, Expo 67, Montréal : une représentation symbolique du grand concert des nations!



J'entends parler..... en commun!

J'entends parler.....
des langues d'ailleurs familières
des langues d'ici étrangères
se raconter leur labeur d'usine
se murmurer les derniers ragots de cuisine
se moquer de la tenue de celui-ci
s'étonner de la coiffure signée Ricci

J'entends parler....
des langues parfois austères
des langues souvent légères
le matin comme dans des plumes
le soir à grand volume
à l'aller des infos de la veille
au retour le monde se surveille

J'entends parler.....
et tous ces mots, ces sons
ces échos, ces frissons
communiquent la vie urbaine
partagent la même rengaine!
Conversation cellulaire de belle-sœur
du genre  «  On se voit tout à l’heure »

J’entends parler…..
Badinage de bambin que nul ne comprend
sauf bien entendu sa maman
Éclats rieurs d’ados boutonneux
Rires moqueurs de garçons ennuyeux
La grande cacophonie des peuples s’agite
La symphonie multiethnique, nul ne l’évite

J’entends parler….
Arrive un point, la destination
Des voix nous quittent
d’autres  s’ajoutent au concert des nations
Tout ça va très vite
Les oreilles n’en croient pas leurs yeux
d’autant de sons, de mots, qui rendent heureux!

 PP 2013

lundi 11 janvier 2016

Humeurs et humour

L'été dernier, l'ami Denis-Martin Chabot, responsable de activités des soirées Fierté littéraire dans le cadre de l'événement Fierté Montréal, m'avait invité à présenter un texte de mon crû pour la soirée sous le thème de l'humour dans un contexte LGBT. Je me suis empressé d'accepter, ce qui m'a obligé à réfléchir et à concevoir quelque chose de spécial pour l'occasion.

Alors que j'étais en pleine rédaction, une idée un peu folle a surgi dans ma tête : écrire et publier un recueil de nouvelles portant sur l'humour chez les LGBT. Pas nécessairement des histoires drôles; mais plutôt des histoires où l'humour joue un rôle prépondérant dans l'intrigue ou dans le dénouement. Parce que disons-le, l'humour a toujours occupé et occupe encore une très grande place dans ma vie au quotidien.




Mon premier texte porte le titre que devrait probablement porter le recueil que j'entends compléter d'ici la fin de 2016 à des fins de publication : " Pas toujours drôle d'être gai! "

Le voici donc en exclusivité, puisqu'il a été lu une seule fois en public, un soir d'août 2015 à la Galerie D de la rue Amherst devant une quarantaine de personnes, mais jamais publié. C'est un texte de fiction, donc une pure imagination de mon esprit.

(Extrait)
Vincent avait la mauvaise habitude de toujours tourner les situations en ridicule. Quand ça devenait trop sérieux, il se sentait obligé de transformer son discours en blague, de faire le clown ou quelque pitrerie de mauvais goût. Je lui avais fait la remarque à plusieurs reprises, mais il faisait la sourde oreille. Il continuait d’agir comme si j’étais le seul à ressentir un malaise à chaque fois. Il disait que je voulais le diminuer aux yeux des autres, lui faire perdre la face.
Pourtant, je lui avais rappelé tant et tellement que la plupart du temps les gens présents, même ses amis proches, réagissaient à ses propos par des moues de dépit, des sourires en coin ou des regards entre eux ne laissant aucun doute sur leur niveau de découragement. Mais Vincent continuait à prétendre que j’étais le seul à voir ça! Que ses amis eux appréciaient sa présence et ses interventions.

Encore récemment, lors d’une soirée d’anniversaire d’un vieil ami où des membres de sa famille étaient également présents, on a vu plusieurs personnes s’esquiver doucement dans les minutes qui ont suivi le moment où Vincent a entrepris son petit manège habituel. C’était plus fort que lui : il fallait qu’il devienne le centre d’attraction du groupe et qu’il fasse fi de tout ce qui pouvait se passer pour détourner l’attention vers ses saynettes sans intérêt, parfois dignes d’une soirée de fin d’année d’une classe de troisième secondaire.

À chaque fois que j’avais essayé d’en discuter avec lui, il me faisait la même cérémonie, me répétait les mêmes balivernes et m’accusait de mauvaise foi et de jalousie. C’est pourtant après s’être imaginé, à tort, que ma popularité au sein de notre groupe était plus grande que la sienne qu’il avait entrepris d’agir comme ça!

Lorsque j’avais rencontré Vincent au début des années 80, c’est sa discrétion, sa réserve et son attitude  bon-enfant qui m’avaient séduit. Sans compter qu’il dégageait un charme fou. Nous étions vite devenus inséparables, au point où nos amis et nos familles s’inquiétaient si l’un des deux apparaissait quelque part sans l’autre. Nos intérêts respectifs s’étaient davantage rapprochés et unifiés au fil des années. Nous avions lancé ensemble une petite entreprise de services dans le domaine informatique qui nous avait appris également à travailler en équipe, en plus de partager notre quotidien et de développer une qualité de vie appréciable.

Voilà maintenant qu’après toutes ces années, alors que le succès professionnel était atteint, que la sécurité financière était assurée et que le réseau social était solidement installé, il planait un vent de discorde qui risquait de nuire à long terme à tout ce que nous avions bâti depuis si longtemps. Parce que, disons-le franchement, le comportement de Vincent dans le cadre de nos activités sociales, même professionnelles à l’occasion, devenait agaçant.  J’avais beau vouloir le supporter et faire preuve de bonne foi et de compréhension, le résultat au bout du compte était le même : certaines personnes, voire certains groupes d’amis, avaient commencé à nous fuir, ou à tout le moins à éviter notre présence. 

Nous étions moins souvent invités dans des soirées mondaines et cela me peinait grandement. Ça ne semblait pas être le cas pour Vincent qui ne semblait pas conscient outre mesure de la situation. Bref, notre vie sociale et affective se ressentait grandement de tout cela.

Est-ce que l’alcool avait quelque chose à voir avec la situation? Même pas. Vincent consommait peu et buvait surtout du vin, toujours en quantité modérée. Alors comment expliquer qu’il avait entrepris de verser dans l’humour, ou ce qu’il croyait en être, pour compenser son manque d’estime personnelle ou le sentiment qu’il était moins intéressant que moi au sein du groupe d’amis? 

J’avais bien l’intention d’en avoir le cœur net et de ne pas laisser cette attitude détruire tout ce que nous avions bâti depuis 25 ans. 

Je n’allais pas accepter que l’humour détruise l’amour!

(À suivre très bientôt)

jeudi 7 janvier 2016

L"étonnante fragilité de l'être

En 2014, j'ai réalisé un de mes vieux rêves : avoir un texte publié dans un livre. Il en a fallu du temps pour que ça se produise, mais l'attente en valait la peine.


Tout ça a commencé en 2011 quand une amie comédienne m'a transmis un courriel qui invitait des auteurs à soumettre un texte de fiction en vue d'avoir la chance d'être choisi pour publier dans un collectif d'auteurs Québécois et Français. Sous le thème " 38 photographies en quête d'auteurs ", l'éditeur proposait de choisir une photo parmi celles proposées autour de laquelle le texte pourrait s'articuler ou dont il pourrait s'inspirer, par exemple.

J'ai donc choisi la photo ci-bas pour le mien.


















J'ai eu la chance de voir mon texte " L'étonnante fragilité de l'être " retenu parmi les nombreux soumis. Le processus du comité de sélection, de lecture et de correction des textes a pris beaucoup de temps et ce n'est qu'en 2013, à l'automne, que nous avons reçu les premières versions corrigées qui nous étaient soumises pour relecture, approbation et modification au besoin.

C'est finalement en mai 2014, à la Cinémathèque québécoise à Montréal, qu'a eu lieu le lancement québécois de l'ouvrage intitulé " Renaissances " et imprimé en 200 exemplaires, en présence des auteurs et de quelques invités. Plus tard, l'éditeur en a fait le lancement à Paris avec les auteurs français.

Les commentaires reçus de la part de ceux qui ont eu la chance de le lire depuis sa parution m'ont vraiment encouragé à reprendre l'expérience. C'est ainsi que je prévois publier un ouvrage en 2016, dont je dévoilera le contenu un peu plus tard. Ce n'est qu'un début...

Pour le plaisir de mes amis qui n'ont pu se procurer l'ouvrage (maintenant épuisé) et qui souhaitent prendre connaissance de mon texte, je le publie ici.

Bonne lecture!

samedi 2 janvier 2016

Peut-être hier (1975)

Ce n'est d'hier que j'ai commencé à écrire. Aussi loin que je me rappelle, j'ai toujours écrit. 


J'ai certainement attrapé ça de ma mère, qui écrivait bien et tout le temps. Elle écrivait à ses soeurs, à ses amies de longue date, à ses cousines religieuses en Alberta ou ailleurs, elle écrivait des cartes de souhaits pour les anniversaires et diverses occasions et ce, toujours avec un message personnalisé à chacun et à chacune. Elle écrivait un journal où elle racontait les événements importants de la vie familiale et d'autres sujets d'intérêt.

Déjà, à l'époque de mon cours classique, au Mont Saint-Sacrement à Valcartier, j'avais la plume agile. J'avais même lancé le journal de l'école qui s'appelait "Sous la tour ". Mai 1968! Période de grands bouleversements mondiaux s'il en était une à se rappeler à l'époque. Le dessin et la typographie de cette couverture étaient également mon oeuvre!


J'ai conservé plusieurs témoins de mes élans de scribouilleur depuis cette époque. J'écrivais un peu de tout : de la poésie, des nouvelles, de la fiction, un journal personnel, des textes pour des journaux étudiants, des éditoriaux, des tracs promotionnels pour des événements, etc.

Au Cégep, j'écrivais beaucoup aussi. Les cours de philo et de français m'en fournissaient plein d'occasions, entre autres. Les grèves de professeurs ou étudiantes également.

Mais c'est véritablement lors de mon séjour à l'UQÀM, au premier baccalauréat en Communications de cette jeune université d'où j'ai gradué en 1976, que j'ai développé davantage mon goût pour l'écriture. En septembre 1975, je pondais un texte un peu tordu sous forme de poésie urbaine déjantée, probablement influencé par les Michel Tremblay et autres André Brassard ou Plume Latraverse de l'époque. Je ne me rappelle pas du contexte précis qui a inspiré cet exercice de style qui s'apparente un peu à des paroles de chanson. Mais j'ai une affection particulière pour cette poésie un peu naîve.

J'ai retrouvé le texte original tapé à la machine, sous mon pseudonyme Péaucarré. Sur papier " news ". Je vous le partage. Pas que je sois convaincu qu'il représente un chef d'oeuvre. Plutôt que je crois qu'il constitue un témoin important de mon état d'esprit alors qu'à 21 ans, je me préparais à sauter à pieds joints dans la vraie vie! Et que j'avais en tête plein de beaux rêves à réaliser.

En 2014, un peu moins de 40 ans plus tard, j'ai réalisé un de mes vieux rêves : être enfin publié dans un vrai livre. Je vous partagerai mon texte, une nouvelle de fiction parue dans un collectif d'auteurs, très bientôt.

Sur les marches du perron... devant le 3912, Mentana, Montréal, été 1975.


vendredi 1 janvier 2016

2016 : Hymne à la joie!

Pour ma première chronique de l'année, j'ai trouvé l'inspiration dans cette belle image ci-dessous trouvée sur le net ce matin. Quelqu'un a trouvé le moyen de voir dans les chiffres de 2016 le mot JOIE en effet miroir! Quelle belle trouvaille!





Avec les années, tout cela s'est estompé, et il fut une période de ma vie où Noël était presqu'inexistant, sauf pour profiter de vacances scolaires bien méritées ou pour entreprendre un petit voyage à la campagne ou dans le sud.

Depuis qu'il n'y a plus de jeunes enfants dans la famille, on a cessé de se réunir le 24 ou le 25 décembre pour célébrer cette fête. On en a plutôt fait une réunion familiale, de plus en plus rare avec les années, où nous passons du bon temps à manger, prendre un verre, échanger, rire et s'amuser, sans échange de cadeau formel et sans rituel relié à la kermesse commerciale de Noël. Personne ne s'en plaint! Neveu et filleule ont également compris, maintenant qu'ils ont atteint un âge plus sérieux, que cette fête est d'abord et avant tout un beau rassemblement familial dont il faut profiter, puisque chaque année qui passe nous rapproche inévitablement du départ éventuel de notre mère atteinte d'Alzheimer, dont la condition n'ira pas en s'améliorant, cela est bien entendu.

En cette fin d'année et en cette période de rapprochement des êtres autour de rassemblements festifs, il est de mise de nous interroger sur ce que nous souhaitons prioriser dans nos vies à l'aube d'une nouvelle année qui s'annonce. Notre monde évolue rapidement dans tous les sens et à tous les points de vue. Il devient difficile et même impossible dans certains cas de suivre la cadence et de se tenir à jour dans tout ce qui influence notre qualité de vie et nos rapports avec les autres. On a le choix : se refermer et subir, ou s'ouvrir et contrôler.Le choix n'est pas difficile à faire quand on veut vivre et s'épanouir le plus longtemps possible, dans les meilleures conditions qui soient : celles qu'on crée pour nous-mêmes, pas celles qui nous sont imposées.

Mes voeux les plus sincères
Je ne suis pas particulièrement un amateur de l'hiver, des Fêtes de fin d'année et de tout ce qui accompagne cette période. Même enfant, ces célébrations religieuses ne m'étaient pas plus sympathiques qu'il ne faut. J'étais loin d'être le plus enthousiaste face à tout le rituel des décorations, des cadeaux, des réveillons, des messes de minuit et des beaux habits. Je me laissais emporter, un peu comme tout le monde, dans le tourbillon de la magie de Noël, juste pour ne pas trouver le temps trop long... et pour faire plaisir aux parents surtout.

Pour 2016, je nous souhaite à tous et à toutes de pouvoir nous réaliser dans nos vies personnelles et professionnelles, dans nos rapports sociaux et amoureux, dans nos amitiés comme dans nos liens familiaux, dans la mesure de nos projets, de nos défis et de nos limites. On peut toujours rêver, mais encore faut-il que ces rêves nous gardent les deux pieds sur terre et nous évitent de nous engager dans des aventures risquées et périlleuses pour notre santé physique et mentale et celle de ceux qui nous entourent.

Soyons conséquents de nos gestes et de nos décisions. Surtout en ce qui concerne notre santé. Soyons responsables et tolérants. Évitons de fuir ou de dénigrer ce que nous ne connaissons pas. Cessons de laisser les autres nous influencer dans nos opinions sans prendre la peine d'aller aux sources pour vérifier et s'informer. Cessons de condamner et de juger avant d'avoir au moins vu, entendu, connu et vécu.

Soyons attentifs à ceux et celles qui nous entourent, nos proches, nos amis, nos collègues de travail ou d'activités sociales, nos familles surtout, qui ne sont pas éternelles et qu'on regrettera toujours trop vite quand elles commenceront à se décimer.Il n'en tient qu'à nous pour réussir à nous créer une vie qui nous ressemble et qui nous apporte satisfaction et bonheur! On cherche souvent trop loin, alors que ça se trouve là, tout à côté, et même à l'intérieur de nous.

2016, ce sera la JOIE!